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BOURSES MOYENNES:La ruée vers les Parcelles Assainies


mardi 29 juin 2010, publié par hamkode


L
es Parcelles Assainies de Dakar avec ses 26 unités, à cheval entre le centre ville et la banlieue profonde, sont aujourd’hui le lieu de refuse de populations notamment en cette période hivernale. Parce qu’avec son sable fin qui absorbe l’eau de pluies, cette zone est peu inondable par endroit. Ce qui semble expliquer en partie, la cherté de la location. Comme en atteste ce reportage de senegalcity.com

A la devanture d’une cantine, à l’entrée d’une maison à deux étages à l’unité 22, O. Ndiaye, la cinquantaine, nous accueille avec un large sourire. Sans doute croyait-elle avoir à faire avec des clients. Mais, dés que la question de la location est évoquée, la bonne dame tonne : « on souffre à cause de la cherté de la location ».

Mère de quatre enfants, veuve, O.Nd dit ne compter que sur son petit commerce pour payer la location, la nourriture, et la scolarité de ses enfants. Pour deux chambres, des toilettes, et un petit salon, « je débourse 80 000 FCfa. Tout mon bénéfice est reversé dans mes dépenses quotidiennes ». Si certains imputent cette inflation, pratiquée sur le loyer, à la crise économique qui secoue actuellement le monde entier, d’autres pensent plutôt que cela est engendré par le fait que les étrangers sont toujours prêts à payer cher pour se loger. A quelques encablures de là dans l’unité 21, un groupe de jeunes en pleine discussion sur le football autour du match Uruguay-Corée du Sud au cours duquel un plafond est tombé sur toute une famille faisant 12 tués a attiré notre attention. Parmi eux, I. Thaim, 30 ans, célibataire, mécanicien à Colobane. Il a déménagé des Hlm depuis quatre mois, pour venir loger aux Parcelles Assainies. Pour un studio, il paye 40 000 F Cfa alors qu’aux Hlm, il déboursait 70 000 F cfa pou s’acquitter de son loyer. I.Thiam partage son palier avec d’autres locataires « plus ou moins soucieux de ces détails ». Pour le dîner car il passe la journée dans son garage de Colobane, I. Thiam affirme être obligé de se cotiser avec des copains. Ces revenus sont happés par le loyer, la restauration et le transport. Ils sont nombreux à Dakar à agir, en matière de location de chambre, d’appartement, de maison, comme I. Thiam en optant pour la banlieue où les quartiers périphériques de la capitale. Mais, à leur grand désarroi, car même si la location est moins chère aux Parcelles assainies, l’insécurité et la promiscuité, restent le gros du problème dans cette zone. L’arrivée massive de locataires venus de la Médina, de Colobane, Mermoz, bref du centre ville, explique en partie cette situation. Cap sur l’unité 3. Le constat est le même. En moins de 10 ans, cette localité a vu le loyer grimper. Habitant prés du cinéma, le vieux Aliou, propriétaire d’immeubles à trois étages, acquis dit-il « après des années de travail au Mali », s’en est ouvert en nous. Hésitant au début de notre entretien, il finit par dire que le second et le troisième niveau de son immeuble ont été loués à des jeunes couples qui travaillent au centre ville et non aux célibataires. Parce que, fait-il remarquer, « ils ont, pour la plupart, un mode de vie qui ne me convient pas. Cela peut influencer mes enfants, même s’ils sont au premier niveau ». Pour les prix, le vieux Aliou n’a pas voulu donner des chiffres exacts. Il s’est limité à indiquer une fourchette comprise entre 100 000 et 150 000, FCfa. A un jet de pierre, l’unité de voisinage 5. Les chambres et les appartements à cause de la ruée ont tous connu une hausse spectaculaire. Selon Mactar Tall qui a pu répondre à nos questions, même s’il se désole de la flambée des prix. « Depuis 2002, nous sommes confrontés à ce problème de la flambée démesurée du prix de la location. On a même été obligé de se cotiser entre copains pour pouvoir à chaque fin de mois, payer notre chambre eu égard à nos faibles revenus », confie-t-il. Ils sont des dizaines de jeunes à connaitre le même sort. C’est-à-dire à cotiser moyennant 5 000 F Cfa par mois pour ne pas être un SDF (sans domicile fixe). En effet, avec le désœuvrement qui connait des proportions inquiétantes dans la capitale Sénégalaise, la cherté de la location a fini d’exclure toute une frange de la population à l’accès au logement. Cet état de fait favorise de plus en plus l’insécurité, car les personnes qui n’auront pas de moyens pour se loger sont obligées de squatter tout naturellement la rue ou des immeubles en construction ou abandonnés. Elles sont ainsi exposées aux maladies, aux échecs scolaires, à la dépravation des mœurs. Il urge de réorienter la politique d’habitat social tout en mettant un terme à la spéculation foncière partout décriée. Aussi longtemps que les terrains et logements seront vendus aux plus offrants, le casse-tête de la location à Dakar continuera de hanter le sommeil de l’écrasante majorité des Sénégalais et des étrangers moins nantis.

Sékou Dianko DIATTA

SenegalCity.com